Tout a commencé quand ma soeur est allée chez Stéphanie pour aller en ville et faire les magasins, pendant que moi je suis resté tout seul dans nôtre nouvelle maison parce qu'elle ne veut rien à voir avec un petit qui n'a même pas encore de l'acné. Grace à elle, dès qu'elle est partie jusqu'à tout a l'heure, j'ai passé une très mauvaise soirée. Et bien que je frémis rien qu'à la penseé, ça vaut bien la peine d'écrire cette histoire, qui j'espère va vous plaire et peut-être même vous profiter.
Aussitôt qu'elle a quité la maison, j'ai commencé à entendre des bruits mystérieux qui semblaient venir d'au-dehors. Comme je ne crois pas aux fantômes, j'ai déduit qu'il devait y avoir quelqu'un tout près, dans la rue, qui (par exemple) transportait des outils en brouette; et pourtant, lorsque j'ai remarqué que le chien n'avait pas aboyé après celui qui aurait fait ces bruits, j'ai eu un peu peur quand même: "peut être que quelque chose lui est arrivé".
Et donc, puisque (selon mon raisonnement) il n'aurait pas du y avoir du danger là-dehors, je suis allé rentrer le chien, tout en me battant contre mes craintes irrationnelles. Mais quand je suis entré dans le couloir, j'ai vu de loin que la porte principal était grande ouverte, ce qui m'a vraiment derouté parce que je croyais avoir entendu comment ma souer la fermait quand elle est sortie. Et pendant que je cherchais une explication, j'ai entendu des bruits encore plus effrayants qui venaient d'au de-dans de la maison.
Je me suis donc caché derrière le fauteuil, d'où, malgré l'obscurité, j'ai réussi à voir une forme qui sortait lentement du sous-sol tout en faisant un bruit macabre, comme si elle portait des chaînes. Il n'y a guère besoin de dire que je n'ai pas eu le courage d'arrêter cette apparition, car il ne s'agissait plus d'un simple cambrioleur. À vrai dire, en ce moment là, j'avais tellement peur que je n'aurais même osé respirer. Hereusement, le spectre est disparu aussi mystérieusement qu'il est apparu, et (après quelques minutes) j'ai quité ma cache pour fermer la porte du sous-sol el la porte principal à clé, tout en poussant un gros soupir.
Comme vous pouvez imaginer, après celà, je n'ai pu pas fermer l'oeil. Je suis resté débout pendant des heures, jusqu'à ce que j'ai entendu les bruits, encore une fois, beaucoup plus forts qu'avant, et là j'ai presque pissé dans mon pantalon. Tout en tremblant de peur, je suis allé dans le couloir pour téléphoner à papa, qui était à Davos, mais là j'ai découvert avec horreur que la porte du sous-sol était ouverte! J'ai succombé à ma peur et j'ai voulu crier, mais je me suis dit qu'il ne fallait surtout pas alerter le spectre, et j'ai ainsi réussi à me taire. Ayant donc récupéré le bon sens, je me suis caché immédiatement, mais il était trop tard: quand je me suis levé pour jeter un coup d'oeil vers la porte, je me suis rencontré avec une tête énorme à côté du fauteuil derrière lequel je m'avais caché.
"Qu'est-ce que tu fais là, derrière le fauteuil?" la tête a dit, et comme si par hasard, la lampe du toit s'est allumée en ce moment-là, et je me suis enfin rendu compte que ce n'était que ma soeur avec sa coiffure horrible. Dieu merci!
"Vois-tu", j'ai chuchoté, "j'ai entendu des bruits étranges qui venaient du jardin, puis je me suis caché, puis j'ai au vu quelqu'un qui sortait du sous-sol et… voilà pourquoi je me suis caché! Et tu, toi aussi, tu devrais te cacher: on est toujours en danger, tu sais?"
"C'était moi que tu as vu", elle a dit, tout simplement. Un silence tendu a suivi, et alors Stéphanie est entrée par la porte arrière, laquelle j'avais completement oublié. Ma soeur a expliqué: "Je suis rentrée tout a l'heure pour emprunter les chaînes à neige, et nous sommes rentrées maintenant parce qu'il fait vraiment trop froid pour se promener en ville". En entendant ça, j'ai tout compris: les bruits, le chien qui n'aboyait pas, la porte ouverte, la forme spectrale… et je me suis senti comme un vrai idiot, et elles l'ont su. "Mais comme tu es con, Alex".
Alors, comme toujours, elles ont ri aux éclats autant qu'elles ont voulu, pendant que moi… et bien, moi, je peux enfin dormir, car ces bruits là je les connais bien.
Bonne nuit!
First written in 1988 in Horgen, ZH, CH.
Rewritten in 2002 in Wollerau, SZ, CH.